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15 août 2018, 14 h 52 min
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Tag Archives: Fromagerie

Médaille d’or pour le Comté de Drom !

Le président et "ses" fromagers

 

  Les jeux olympiques sont terminés, mais il est encore des médailles qui arrivent dans les campagnes françaises. En Revermont, depuis lundi, des messages enthousiastes s’échangent entre Paris, Poligny et Drom. Une décennie après avoir fait la une, en ressuscitant le Clon, fleuron de la Bresse du moyen âge, la plus petite coopérative à Comté de l’Ain vient maintenant de décrocher une médaille d’or au Concours Général Agricole, lors du Salon International de l’Agriculture, à Paris ! Effectivement, dans sa catégorie, le Comté de Drom apparait le premier dans la liste officielle des résultats. Mais Aurélien Perret, le fromager de Drom, tempère : il ne s’agit pas d’un classement, mais de l’atteinte d’un niveau. Et il tient à préciser « c’est le travail de chacun qui est mis en valeur : producteur, fromager et affineur ». En effet, créée en 1881, la coopérative regroupe cinq exploitations, emploie deux salariés à plein temps et confie les meules produites à Monts & Terroirs, affineur à Poligny, par l’intermédiaire d’une union de 17 coopératives, Jura Monts Comté.

   Ne cachant ni son émotion, ni sa satisfaction, Eric Bonnet, président de la coopérative de Drom, renchérit : « c’est la juste récompense du travail effectué par les trois acteurs de la filière ».  En effet, dans cette toute petite structure, le moindre défaut repéré dans la qualité du lait est rectifié immédiatement ; de plus, avec seulement six années dans la profession, Aurélien prouve sa maîtrise du métier où il est le seul à suivre la fabrication de A à Z, sans l’intervention de robot ; l’affineur peut alors exercer son art sur un produit de qualité. D’ailleurs, Alain Canard, directeur de Monts & Terroirs, affiche un palmarès de 7 médailles sur les 14 décernées cette année (dont 6 pour l’union Jura Monts Comté, dirigée par Catherine Gobet).

   Pour ce concours, l’affineur, avec le fromager et un représentant des producteurs, ont choisi de présenter une meule de 18 mois, à laquelle les jurés ont trouvé « un bel aspect et un goût animal ». De quoi ravir Christine Ménétrieux, animatrice de la Fédération des Coopératives Laitières de l’Ain, qui ne ménage ni son temps, ni son énergie, pour promouvoir le département et ses saveurs.

"Producteur, fromager et affineur" : oui, meuuuuh . . .

. . . meuh heureusement qu'ils ont les Montbéliardes,

avant les "trois acteurs de la filière" !

 

Les années en 8 : il y a 30 ans

 

Une nouvelle année en « 8 » va commencer ; jetons un coup d’œil dans les archives : que s’est-il passé en 1988 ?

  En janvier, classe de neige pour les écoliers . . . mais la neige n’est pas au rendez-vous, alors ils partent à la découverte de la montagne ! En février, 36 Dromnières se retrouvent pour fêter Sainte Agathe (le correspondant local de presse ne se risque pas à s’introduire dans ce gynécée : il confie l’appareil photo à son épouse). Lors de l’assemblée générale des pompiers, en mars, on note, entre autres, la participation à deux enterrements (l’amicale se chargeait alors du creusement de la fosse et du service pour la cérémonie). En avril, le village est traversé par les 75 concurrents du 56ème rallye motocycliste de l’Ain, qui effectuent, là, quatre épreuves spéciales chronométrées (meilleur temps : 2mn12’1’’ du village à la chapelle) ; ce même mois disparait une figure du village : Marcel Grandpierre, le maréchal ferrant. En mai, opérationnelle après plusieurs mois de travaux d’agrandissement, la salle des fêtes ne désemplit plus : élections, assemblée générale de la fromagerie, projection diapos du comité de fleurissement, repas du sou des écoles. La décharge municipale est dotée d’un portail et Paul Bonnet et Claude Tarare reviennent champions du parcours sportif des sapeurs-pompiers, en catégorie super vétérans. En juin, ce sont 40 cyclistes de cinq caisses régionales du crédit agricole qui s’affrontent sur une petite boucle dans la vallée.

Travaux, sorties et animations

   En juillet, le chœur de l’église est débarrassé de ses boiseries du début du siècle, suite aux conseils de la commission d’art sacré : derrière les lames de sapin réapparaissent les ouvrages en pierre. Le comité de fleurissement emmène 40 Dromniers de 2 à 91 ans pour une sortie en bateau sur le Rhône. En août, un reportage présente la fabrication du Comté par Charles Dérudet qui travaille encore à la toile. 90 personnes participent au repas d’été du comité de fleurissement. En septembre, à cause des élections, la fête patronale est avancée d’une semaine ; elle est dotée d’un logo réalisé par des lycéens et on peut y admirer des sculpteurs à la tronçonneuses. En octobre est organisée une soirée rétrospective sur la fête, avec remise de lots aux équipes ayant confectionné un char. En novembre, on réalise un mur de soutènement pour le terrain à l’arrière de la salle des fêtes ; le caporal Paul Bonnet effectue sa dernière manoeuvre de sapeur-pompier volontaire après 34 années de service. En décembre, 40 personnes investissent la salle des fêtes : les conseillers municipaux, leurs conjoints et les employés de la commune se sont joints au repas des anciens pour la dernière année du mandat.

Retour en (quelques) images

Les écoliers partent à la montagne.

Les Dromnières fêtent Sainte Agathe

A la fromagerie, Charles Dérudet pratique encore la "pêche" à la toile . . .

. . . pendant que Rosette s'occupe de la vente.

Du monde pour organiser le repas du Comité de Fleurissement !

Un logo pour la fête de Drom.

De l'animation et du monde pour la Saint Thyrse !

Concours de sculpture à la tronçonneuse : un Schtroumpf.

Aménagé derrière l'église, le jeu de quilles attire du monde.

Premiers aménagements derrière la salle des fêtes : terrassement et soutènement.

 

Pompiers : la dernière manoeuvre de Paul Bonnet

Le repas de la commune pour les anciens . . .

. . . et celui des pompiers pour la Sainte Barbe,

toujours avec Fernand à l'accordéon !

 .

Les suffragettes de Drom !

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Jacqueline et Monique rient encore de cette (nécessaire) expédition

   Créée en 1881, la fromagerie de Drom a un statut de coopérative depuis 1889, gérée par ses sociétaires. Si leur nombre a varié au fil des décennies, ils se sont toujours impliqués dans la bonne marche de cette structure mutualiste, administrée par une assemblée délibérante, mais aussi active sur le terrain. Tous les producteurs siégeaient au conseil d’administration et, après l’assemblée générale annuelle, continuaient autour d’une bonne table. Comme beaucoup d’autres, cette sympathique démocratie rimait avec phallocratie ! Les épouses de ses messieurs, si elles participaient autant (sinon plus !) à la bonne marche des exploitations agricoles, n’étaient pas conviées aux réunions de la coopérative . . . et encore moins au repas : il fallait bien que quelqu’un reste pour traire les vaches !

   Dans les années 70, deux d’entre elles, Renée et Jacqueline, décidèrent alors de sortir aussi au restaurant ce jour-là. Elles se retrouvèrent alors à cinq ou six pour un moment sympathique à l’auberge de Ramasse où, dans la salle du fond, leurs maris avaient commencé la deuxième partie –conviviale- de leur réunion ! Grâce à la complicité du chef Joly, qui garda bien le secret, ces derniers ne savaient pas que certaines de leurs compagnes étaient tout près.

   Vint un moment où le président de la coopérative sorti de la salle, les aperçu et en fut d’abord bien étonné, ensuite fort embêté : « les femmes triment toute l’année, mais seuls les hommes vont au banquet ! » lui déclarèrent ces (presque) précurseurs des « Femen » Il leur proposa alors de venir les rejoindre, mais essuya un refus. Du côté des messieurs mis au courant de la situation, Claudius, sûr de lui, déclara : « et bien la mienne, elle est pas là », alors que « sa » Fernande n’aurait manqué pour rien cette occasion de s’amuser et de revendiquer !

   Finalement, ces suffragettes revermontoises rejoignirent la mâle assemblée pour le dessert et, depuis, les épouses sont toujours conviées au repas post-assemblée générale ! « Mais ça ne les arrangeait pas bien, parce que, les hommes, le soir, ils avaient l’habitude de bien s’attarder quand c’est nous qui faisions la traite ! » nous confient les dernières survivantes de ce commando.

    *     *     *

  Quelques photos d'archives : bien des années plus tard, l'assemblée générale du 1er mai 1989 (avant le repas à l'auberge de la Tour, à Ramasse . . . en compagnie des épouses !)

Coopérative 01
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               Bien des anciens nous ont quittés . . .

et les jeunes sont devenus des anciens !             

La fromagerie recommandée aux voyageurs

Fromagerie DROM 01

Président et employés ne sont pas à côté de la plaque !

  Des experts ont dû passer incognito à la fromagerie, qui n’en a eu vent que quelques temps plus tard. En effet, la fruitière est, de nouveau, citée –et recommandée !- dans le Guide du Routard. Depuis plus de quatre décennies, ce précieux document propose 200 titres pour accompagner les voyageurs à travers le monde en leur recommandant les meilleures adresses à la découverte des différentes cultures. De quoi réjouir Aurélie et Aurélien Perret, les fromagers, mais aussi Eric Bonnet, le président de cette coopérative, qui voit là « un signe de légitimation de la part de personnes qui reconnaissent et apprécient les bons produits, et les font connaître » ! Une nouvelle plaque permet alors de bien repérer l’établissement.

Fromagerie DROM 02

Fromagerie DROM 03

L'AOC Comté tient au respect de son cahier des charges !

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Ecusson Clon

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Rosette Dérudet nous a quitté : une page d’histoire de la fromagerie

Rosette présentait les comptes en assemblée générale

Rosette présentait les comptes en assemblée générale

   Issue d’une famille jasseronnaise, Rose Marie Dérudet, née Bénézeth, était arrivée à Drom au tout début des années 60, avec Charles, son mari, salarié de la coopérative locale. Pendant plus de 28 ans, ils ont fait tourner la fromagerie sept jours sur sept, Charles assurant la collecte du lait (1 400 000 litres par an à leur départ en 1990) puis la fabrication du Comté, de la cuve à la cave, alors que Rosette s'occupait de la comptabilité, de la vente, mais aussi de la fabrication de 100 kilos de beurre tous les deux jours, à mettre en livres, et en demi-livres : sa compétence n’avait d’égale que la qualité de son accueil.

  Dans des conditions de confort modestes, six enfants sont venus agrandir leur foyer ; Madame Dérudet trouvant encore le temps de s’investir dans la paroisse en assurant le catéchisme. C’est dans son village natal que Rosette a passé une heureuse retraite auprès de Charles, avant que sa santé ne décline. L’église de Jasseron était alors bien pleine pour lui présenter un dernier hommage avec beaucoup de sympathie pour son mari, ses enfants et petits-enfants.

 

Au fil des jours . . .