Jean-François Champion, la passion de la scène

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L’auteur ne manque pas de venir se ressourcer dans le jardin familial, là où il a dactylographié sa toute première pièce.

   Lyonnais de naissance, Jean-François Champion est resté plus attaché à Drom où il est toujours venu passer ses vacances chez ses grand-parents, même si l’auteur et comédien est « monté à Paris » exprimer ses talents.

   Depuis tout bébé, le petit Lyonnais séjournait régulièrement à Drom : « j’allais chercher les vaches avec Sylvie » (la fille du fermier voisin), aime-t-il à préciser.

  Après le lycée du Parc, il fait des études de droit « pour faire plaisir aux parents« .

  En réalité, c’est le théâtre qui le passionne, fasciné par l’émission « Au théâtre ce soir » ; pour gagner quelques minutes avant d’aller au lit, c’est devant la télé qu’il se déshabille -pas trop vite- et enfile son pyjama (tout doucement !). Il monte sur les planches dès 10 ans, au collège, puis donne des cours au lycée.

   Il écrit sa première pièce à 13 ans, qu’il tape à la machine à Drom, dans le jardin familial. Il fréquente le théâtre des Célestins et ses coulisses ; le directeur, Jean Meyer, de la Comédie française, l’encourage après la lecture de cette pièce.

A 20 ans, il monte à Paris

  Souhaitant être acteur et auteur, il s’installe à Paris à 20 ans. D’abord « pion au collège Sévigné« , il écrit une parodie loufoque du film « Les 10 commandements », qui lui permet de travailler avec le grand orchestre du Splendid. Il arrive a rentrer à RTL où il devient le benjamin des animateurs, effectuant d’abord des remplacements . . . sans le dire à ses parents ! Puis c’est l’antenne du dimanche après-midi et il en vient à remplacer Julien Lepers.

Le hasard pour complice

  « J’ai souvent fonctionné avec des rencontres dues au hasard » explique Jean-François : par l’intermédiaire d’une amie, journaliste au Figaro, il commence à écrire pour l’imitateur Patrick Adler, mais aussi pour Olivier Lejeune, Michèle Laroque, Marthe Villalonga, les Vamps, Caroline Loeb. Il rencontre alors Danièle Ryan, qui écrit pour Vincent Lagaf’ ; ce dernier souhaite faire du théâtre et leur commande une pièce : ils coécrivent « Le surbook ».  Il écrit des sketches (pour Bouvard du rire, pour La classe), mais joue désormais dans la cour des grands et compte plusieurs pièces à son actif. En 2001, « Faut-il tuer le clown » s’exporte en Suisse et en Belgique, se traduit en Italien, puis en Russe.

Que des comédies ?

  « Je ne sais pas faire autre chose« , avoue celui qui reconnait pour maîtres Sacha Guitry et Jean Poiret, (en matière de théâtre), Michel Audiard et Jean Loup Dabadie (pour les dialogues). « J’adore les dialogues : c’est ma récompense quand j’écris une pièce. J’aime à donner à manger à tous les comédiens, y compris au plus petit rôle : tout le monde apprécie, public et comédiens ».

  Comportant beaucoup de personnages, sa pièce « Ainsi soit-il », jouée par Chantal Ladesou et Patrice Laffont, est très demandée par les troupes d’amateurs (elle a été récemment jouée à Verjon), alors que, pour des raisons économiques, les producteurs préfèrent des pièces nécessitant moins de comédiens.  D’ailleurs, sa toute dernière pièce, récemment terminée, se jouera à trois : « On aurait mieux fait de rester fâchées ».

  Alexandra Stewart, Michel Roux et Fabienne Thibaud ont aussi joué ses pièces. L’auteur avoue pourtant un regret : très ami avec Andréa Férréol, cette dernière ne l’a jamais joué ; elle-même lui affirmant qu’il « devrait avoir plus de succès« .

Touche à tout

  Entre l’écriture de sketches pour la scène ou la télévision et de pièces pour le théâtre, il monte parfois sur les planches ou se prête même à des petits rôles pour le cinéma.

  On le croise ainsi  dans une douzaine de films, tour à tour flic, cuisinier, randonneur, gardien de prison, journaliste, prof ou officier SS. Essayez de le reconnaître dans « Banzaï », de Claude Zidi, avec Coluche et Valérie Mairesse !

Attaché à Drom

  Revenant à Drom chaque fois que c’est possible, l’auteur et comédien s’attriste de la disparition de certains arbres, ou de la suppression de haies dans la vallée. Resté très humble dans une conjoncture actuellement difficile, Jean-François conclu notre entretien, dans le jardin de son enfance, en citant Einstein : « Le hasard est le déguisement que prend Dieu pour voyager incognito« .

2001, le clown : l’affiche fétiche de Jean-François

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