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20 septembre 2019, 12 h 01 min
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Tag Archives: Michel Fontaine

Le Dromignonisme s’exporte en Corée

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Ana et Sylvain : une passion et des valeurs partagées par-delà les continents

   On l’appelle Ana, mais elle se nomme, en réalité, Shin Eun Sook. « Elle », c’est une institutrice coréenne adepte de l’Esperanto. A ce titre, c’est une correspondante régulière du groupe espérantiste de Bourg en Bresse avec qui elle partage les mêmes valeurs, estimant, par exemple, que « il est très important que les petites écoles soient grandes ouvertes sur le monde, et l’Esperanto aide en cela ». Ana est ainsi enseignante dans une école similaire à celle de Drom, où 11 élèves font aussi du jardin, et même de l’élevage et des travaux des champs ; où elle privilégie une école ouverte, soucieuse des droits de l’homme, du respect de la planète et de la paix dans le monde. Ayant été informée de ce qui se passait dans la classe unique de Sylvain Turpin, où les Dromignons bénéficient de cours d’Esperanto grâce à l’association burgienne, elle a tenu à venir en Revermont pour comparer et partager les expériences. Pendant trois semaines, Ana intervient alors quotidiennement à Drom en Esperanto, aidée par Michel Fontaine, le président de Espéranto Bourg en Bresse, qui s’émerveille : « dans aucune école du monde, il ne se passe ce qui se passe ici, à Drom : une relation internationale dans une langue de paix, avec une intervenante étrangère qui a franchi 12 000 kilomètres uniquement pour cela ».

  Et, en Corée, les écoliers de Ana peuvent suivre son travail à Drom sur son blog, images à l'appui !

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Immersion chez les Dromignons pour l’institutrice coréenne

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Ela learno Drom, oni learnas Esperanton !*

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On parle et on chante même en Espéranto !

   Depuis quelques semaines, pendant les « TAP » (Temps d’Activité Périscolaires), les Dromignons apprennent l’Espéranto. Pratiquant, propageant et promouvant cette langue, plusieurs personnes de l’association « Espéranto Bourg » viennent ainsi chaque semaine pour un cours qui se veut très ludique. Michel Fontaine, président, nous indique avoir proposé cette prestation à Sylvain Turpin, le maître d’école, suite à un article paru dans les colonnes de Voix de l’Ain : « sa pédagogie correspond tout à fait à l’esprit de l’Espéranto », qu’il qualifie comme « une langue de paix, « alternative » au « tout Anglais » car aucune langue nationale ne peut devenir internationale  ». Il précise alors que « c’est un plaisir de venir à Drom : c’est une classe extraordinaire ». En effet, les élèves progressent très rapidement et sont enthousiastes : « c’est une langue où tous les pays sont réunis », nous confie Margot, en CM1.

   Voulant être un pont entre les cultures, sans remplacer les langues nationales et régionales, l’Espéranto est ainsi une langue très intuitive construite de toutes pièces à partir de racines indo-européennes, avec une grammaire hyper simplifiée où les règles ne connaissent aucune exception. Dans l’alphabet, chaque lettre correspond à un son, et chaque son n’est produit que par une seule lettre ; il comprend donc 22 lettres de notre alphabet latin (on n’y trouve pas le q, le w, le x et le y), complété par 6 lettres (du même alphabet) agrémentées d’un accent circonflexe (le seul accent utilisé) correspondant aux sons non « produits » par des lettres seules (par exemple « ou », ou « ch »).

Une vocation humaniste

   Médecin juif, le docteur Zamenhof habitait à Bialystok (Pologne), alors dans l’empire russe et partagée entre quatre communautés linguistiques (Polonais, Russes, Allemands et Juifs) vivant dans l’affrontement. Dès son adolescence, il souhaite donner une langue commune à l’humanité pour rapprocher les hommes. Après plusieurs essais et 13 années de travail, il propose, en 1887, la langue internationale du docteur « espéranto » (celui qui espère). Cette langue connaît un développement intéressant les premières années, freiné par les conflits mondiaux. Des recommandations sont émises par la SDN (Société Des Nations, « ancêtre » de l’ONU), puis par l’ONU et l’UNESCO, mais se heurtent à la suprématie du Français, puis de l’Anglais. En 2000, le rapport Grin, commandité par le Haut Conseil de l’Evaluation de l’ecole, conclut que l’apprentissage de l’Espéranto est moins cher en coût et en temps (« un professeur peut enseigner l’espéranto à près de dix fois plus d’élèves qu’une autre langue, car le temps d’apprentissage nécessaire est dix fois plus court »).

   Aujourd’hui, on trouve des communautés espérantophones dans 80 pays, et on estime le nombre de locuteurs de un à trois millions répartis sur les cinq continents. La langue est régie par une Académie Mondiale ; quant à l’Association Mondiale d’Espéranto, basée à Rotterdam, elle a organisé son congrès 2015 en France, 100 ans après le premier qui s’était déroulé à Boulogne sur mer.

* : « A l’école de Drom, on apprend l’Espéranto »


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Un enseignant très expressif

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Une grammaire hyper-simple

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On joint le geste à la parole

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. . . et on termine par une dessin animé en version originale non sous-titrée !

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Au fil des jours . . .