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15 juin 2021, 17 h 29 min
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Tag Archives: Crise sanitaire

Covid et 8 mai : devoir du souvenir respecté !

 

 

Des représentants du corps de sapeurs pompiers assuraient le service d'honneur

   Pour la deuxième année consécutive, la commémoration du 8 mai ne pouvait pas se dérouler en présence de public. Le devoir de souvenir a toutefois été respecté avec un rassemblement obligatoirement minimaliste : le maire et les adjoints, trois sapeurs avec le drapeau et quelques élus et anciens élus.

   Le message de la ministre déléguée chargée de la mémoire et des anciens combattants a été lu : retrouvez-le ici.

Sur le monument, érigé après le conflit de 1914/1948, a été rajouté le nom d'un Dromnier tombé pour la France en 1944 : Jean Billon.

   

Léa, élève infirmière pendant le Covid

Pour la couverture, Léa a commandité une oeuvre auprès d'un ami de son âge, Benjamin Destouesse, artiste professionnel basé à Dax.

Dès le premier jour de son stage, Léa Cote s'est trouvée embarquée dans la spirale de la crise sanitaire.  Jour après jour, sans aucun jugement, elle a noté son quotidien, ses constats, publiés aujourd'hui dans son premier livre.

   Née dans le Haut Doubs, cette jeune Franc Comtoise est arrivée à Drom quand elle avait quatre ans. Après la classe unique du village, puis le collège à Ceyzériat, le lycée à Bourg, Léa étudie l'histoire pendant une année, puis se dote d'un diplôme de secrétaire médicale avant d'intégrer l'école d'infirmières. En fin de deuxième année, elle débute son stage en cabinet libéral ... le 16 mars 2020.

  Depuis quelques temps, la période est trouble, plus encore dans le corps médical et, entre les informations qui circulent et se contrarient, les consignes officielles qui semblent hésitantes, la jeune femme se questionne, cherche à faire le point.

L'écriture, passion et exutoire

  Tout en avouant qu'elle ne lit pas, Léa a la passion de l'écriture depuis ses 15 ans : "c'est un exutoire, pour organiser ma pensée, lorsqu'il arrive un événement personnel ; mais jamais plus de cinq pages (hors travail scolaire)", et tout à la machine à écrire (encore une passion) !

  Alors, dès le premier jour de confinement, elle se met à raconter son quotidien, ses constats, ses doutes, les évènements, mais directement sur ordinateur. Après une journée de travail plus le trajet, le clavier crépite ainsi plusieurs heures, "jusqu'à sept heures d'écriture".

  L'élève infirmière ne porte pas de jugement : "je ne voulais pas entrer dans le débat, ce n'est pas mon rôle ; pas prendre de position sur la gestion de la crise, mais simplement exposer ce que j'ai vu et ressenti. Tout est vrai, tous les dialogues sont réels".

D'étudiante à auteure

  Pour la première fois, elle partage ce besoin de s'exprimer avec un ou deux proches, lesquels lui demandent l'autorisation de rediffuser ses écrits. Des lecteurs assidus attendent alors impatiemment la suite, comme elle-même : "chaque matin, au lever, j'avais envie de connaître la suite !" ; on lui suggère d'éditer son histoire. Après neuf semaines d'écriture quotidienne, Léa se décide pour l'autoédition, pour "tout gérer de A à Z". Elle engage une correctrice, un dessinateur, trouve un éditeur.

Témoignage 

  L'écriture est ainsi "ce qui m'a permis de tenir. La volonté de témoigner est donc venue après mes premiers pas dans le milieu médical : c'est difficile de se le représenter. Les étudiants ont été complètement oubliés et ma promotion est en grande détresse. Ce que je raconte, c'est 1% de ce qui se passe dans les services hospitaliers".
  Peut-être une première expérience qui justifiera le titre choisi par la future infirmière, en référence aux épreuves subies et surmontées, origine de la vocation de certains soignants ?

Une carrière littéraire ?

  A la base, la volonté de publier "n'est pas pour dénoncer, mais par passion de l'écriture". Léa ressort maintenant certains des ses "anciens" textes, les réutilise, participe à des concours d'écriture et travaille déjà sur un nouveau projet "qui sera une fiction".

"Les infirmes d'hier" : 210 pages d'émotions et de questionnements ; une plume spontanée, à la fois juvénile et mature.

Où trouver le livre ?

L'ouvrage de Léa Cote est commercialisé au Comptoir Gé-Néral, à Jasseron,
 la libraire Montbarbon, à Bourg,
et chez l'éditeur www.thebookedition.com .
Prix 12 € 

En 2006, Léa avait été croquée par Margaret Steel, dans le cadre de son exposition "Une classe (très) unique" 

C'est la même année, en 2006, qu'est apparu la dénomination "Dromignons", désignant les écoliers de DROM . . .

Le calendrier des pompiers : seule ressource pour l’année 2020

Le chef de corps, le président de l'amicale . . . et le calendrier 2021 !

   Avec décembre arrive le moment de la distribution des calendriers et, cette année, l'incertitude sur la "méthode" à employer. En effet, la crise sanitaire édicte des règles strictes pour les pompiers comme pour tout citoyen et il n'est actuellement pas possible de visiter les habitants.

   "Avec le Covid, toutes les activités de l'amicale ont été annulées cette année, ce qui prive l'amicale de toute ressource" indique Nicolas Paubel, président. "Et c'est l'amicale qui assure le fonctionnement de la compagnie, plus les petits investissements", précise le Sergent Anthony Poncet, chef de corps. En effet, la commune finance une partie des assurances de la compagnie et, le cas échéant, elle prend aussi en charge les investissements principaux ; quant aux pompiers, leur engagement local est bénévole, ils ne perçoivent aucune vacation.

   Sous réserve d'une amélioration sanitaire de la situation, le "confinement" sera levé au 15 décembre et la distribution des calendriers pourra alors s'effectuer, mais dans le cadre d'un protocole strict. Sinon, il serait envisagé de déposer les calendriers dans toutes les boites aux lettres avec un appel aux dons, pour permettre aux pompiers de continuer à toujours entretenir et améliorer leur équipement.

Le Corps de Première Intervention au service de la sécurité de tous

.

 

 

Crise sanitaire et acteurs culturels

Olivier Contat :"Ca ne va pas tout repartir : chez les artistes, il y aura des gros dégâts" 

Depuis le printemps, la situation des professionnels de la culture est de plus en plus critique. Dans cette filière, considérée comme "non essentielle", tous les acteurs s'inquiètent. Enquête

   Auparavant, Olivier Contat a produit des CD avec un groupe ; désormais, il enseigne la musique mais compose toujours dans le domaine de la "musique à l'image", commandée par des entreprises pour la partie sonore de vidéos. Il a dû complètement s'arrêter dès le premier confinement. Il a repris les cours avec le déconfinement, en voyant son activité réduite de deux tiers. Mais, de nouveau, et malgré une commande de musique qu'il qualifie d'exceptionnelle dans le contexte actuel, le musicien indique "je ne peux plus rien faire".

   Autoentrepreneur, Olivier a pu bénéficier d'une petite aide, mais qui ne lui permettra pas de tenir longtemps. Il se montre alors pessimiste pour l'avenir :"si l'on peut de nouveau circuler je retrouverai mes clients, mais combien ? Et si cela perdure, je serai obligé de me tourner vers une reconversion : pas d'autre solution."

Des situations inconfortables

   Salariée de La Tannerie (la seule "SMAC" de l'Ain : Scène Conventionnée de musiques ACtuelles), Julie Rudelin est chargée d'action culturelle pour la sensibilisation des " publics empêchés " (détenus, handicapés mentaux, jeunes en difficulté … ) à la culture et, plus particulièrement aux musiques actuelles, par le biais de la médiation, l'éducation populaire et d'ateliers (on l'a ainsi vu faire profiter les Dromignons de ses compétences ! ).

   Le premier confinement a stoppé son activité, puis il a fallu rattraper les actions non réalisées sur les budgets alloués mais, de nouveau, tout arrêter. Le seul projet qui restait possible a dû être reporté. Quant aux restitutions de projets terminés, elles sont reportées à des dates non connues, les dénuant de leur sens.

   Actuellement, Julie est en télétravail, "mais sans aucune visibilité". En effet, gérant des budgets alloués par la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC), elle doit rattraper les projets non réalisés pour 2020, tout en mettant déjà en place ceux de 2021 : il manquera du temps, ce qui générera des annulations.

   Du côté de la programmation de spectacles, la Tannerie espère un retour des concerts en juin 2021, mais il faut, là, attendre de connaître des dates pour remettre des projets en route.

   Julie reconnaît sa chance d'être salariée et d'avoir un métier passionnant, mais indique "travailler dans la frustration et l'inconfort".

Julie Rudelin : " C'est toute une filière qui est impactée "

Côté scène, morosité ambiante et grosses incertitudes aussi pour les artistes et techniciens bénéficiant du statut "d'intermittents du spectacle", qui subissent aussi de plein fouet l'arrêt de la vie culturelle.

   Hélène Péronnet et Gérald Chagnard, musiciens, montent des actions culturelles ponctuelles pour tous publics, participent à des résidences d'artistes et promeuvent d'autres formes artistiques. Ils font aussi partie d'une compagnie (l'arbre Canapas), qui crée et organise des spectacles.

   Mars a connu un faible taux d'annulations avec beaucoup de reports pour l'automne et pour 2021, et un bon suivi avec les lieux de collaboration (comme le théâtre de Bourg). Du fait des petites jauges, l'activité a bien repris en été : balades musicales dans la nature, résidences d'artistes, répétitions, concerts en septembre et octobre où ils ont ressenti une grande envie du public.

Des artistes sans public

   La seconde vague a été plus complexe (14 concerts prévus en novembre sont reportés) ; les répétitions et enregistrements sont possibles, mais les spectacles non joués "il manque le rapport au public".

   Au printemps, ils ont pu bénéficier de chômage partiel avec leur compagnie. "C'est une chance : elle n'est pas trop petite et assez structurée, et a pu bénéficier d'aides pour le personnel ". Par contre, ce n'est désormais " pas très gai : les équipes sont fatiguées". En effet, il faut continuellement s'adapter à la situation, ce qui double le travail administratif. Il y a toujours des projets en cours, les actions vers les enfants sont encore possibles, mais "la suite est fragilisée : il risque d'y avoir embouteillage de spectacles ! ".

   Enfin, les mesures d'urgences décidées prolongent leurs indemnités . . . mais après

Hélène Péronnet et Gérald Chagnard, d'une famille d'artistes : "Tout un équilibre est en train de bouger ; on est très inquiets pour la suite"

Les gros spectacles pénalisés

   Jérome Gros est ingénieur du son depuis 25 ans et travaille plutôt sur de grosses jauges (par exemple, les Francofolies, qui attirent 150 000 festivaliers sur cinq jours) ; il n'a plus de travail depuis son dernier concert, le 12 mars. Avec le confinement, puis les notions de jauge, revues à la baisse, puis le couvre-feu, toutes les dates, tous les festivals ont été annulés. Grâce à un contrat avec un théâtre lyonnais, il a pu bénéficier de chômage partiel jusqu'à fin juin.

   Il n'a désormais aucune visibilité, "c'est dur de se lancer dans un projet, il n'y aucune perspective : les producteurs ne prennent plus rien avant septembre 2021".

   Il voit aussi ses indemnités prolongées mais, en l'absence de travail, les droits ne se reconstituent pas ! Par exemple, "en cas de reprise en janvier, il n'y aurait que six mois d'activité pour reconstituer les droits de l'année suivante". Pessimiste, Jérôme espère qu'il y aura d'autres mesures, sinon " il y aura beaucoup de monde à la trappe". Certaines entreprises annexes commencent à fermer (location de matériel) : "elles ne peuvent pas tenir, malgré les aides".

Complètement démoralisé, Jérôme a  " l'impression d'être inutile, je pense qu'il faudra envisager autre chose "

Repères

   Les " intermittents du spectacle " sont des artistes ou des techniciens embauchés sous contrats à durée déterminée. Soumis à une cotisation supplémentaire, ils bénéficient d'allocations chômages suivant des critères de nombre d'heures travaillées. Ces indemnisations sont exceptionnellement prolongées jusqu'au 31 août 2021, mais un examen spécifique de renouvellement des droits devra être effectué au 1er septembre 2021 . . .  en fonction des hypothétiques cotisations versées d'ici là !

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Les masques de Sylvie : un peu de tissu, et beaucoup de coeur

   Devant l'ampleur de la crise sanitaire, Sylvie Badi n'a pu rester inactive : "tellement de malades, de morts ; une pénurie de masques : il faut faire quelque chose ! ". Alors, celle qui sévit, habituellement, dans le gang des tricoteuses, a sorti sa machine à coudre et s'est lancée dans la fabrication de masques en tissus, testant plusieurs modèles, puis se basant sur un tutoriel diffusé par l'hôpital de Grenoble, qu'elle a modifié et amélioré au fur et à mesure.

Solidarité et gratuité

   Avec du tissu dont elle dispose suffisamment, d'anciens vêtements, mais, particulièrement, des étoffes multicolores que son mari lui rapporte d'Afrique, et aussi d'anciens draps pour l'intérieur, elle coud sans relâche : déjà une centaine de masques en coton à trois épaisseurs. Pour les pince-nez, des attaches de sachets font l'affaire.

   On ne peut pas faire de l'argent avec la santé des autres", alors elle a doté l'école, la fromagerie, quelques amis et habitants de Drom.

   Et, s'il ne sont pas homologués, ils sont testés : résistants aux lavages, et impossible d'éteindre une flamme en soufflant à travers !

Sylvie insiste : "que des matériaux  de récupération ! "

Quand protection et sécurité riment avec couleurs et gaieté.

Sylvie . . . sous toutes les coutures !

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Au fil des jours . . .