« Ni source, ni ruisseau, ni puits, mais il existe un lac souterrain », écrivait le préfet Bossi pour décrire la vallée en 1808.

   C'est en essayant du lutter contre les inondations que fut creusé, une première fois, le puits de Fay en 1856/1857 (voir article du 18 août). En effet, avant de se lancer dans le percement d'un tunnel, on voulait essayer d'évacuer les eaux de surface vers le " lac souterrain ", en relation avec la vallée du Suran (la totalité du val de Drom est dans le bassin de cette rivière). A une dizaine de mètres de profondeur, on tomba juste par hasard sur une grande excavation souterraine " à moitié remplie d'eau ". Tout le monde accourut : on se croyait déjà sur le "Lac sous Drom". Dans sa notice sur la commune de Drom, Hector Caillat, historien local, raconte que "Messieurs Hector Gaillard, Léon Caillat et d'autres descendirent dans cette chambre nocturne avec des pieux de bois dont ils firent un radeau". A l'aide de flambeaux, ils purent visiter cette grotte admirable et étaient tous contents de se promener en radeau sur les eaux correspondant avec celles du légendaire " Grand Lac Souterrain".

Abandonné, puis réaménagé

   Cette expérience n'ayant pas été concluante, le puits fut rebouché avec les sous-produits des carrières proches. Un demi-siècle plus tard, en 1906, une période de forte sécheresse contraint pendant quatre mois, les habitants de Drom à aller chercher à Meillonnas l'eau nécessaire aux gens et aux animaux. On se souvint alors de cette cavité et on recreusa un puits en prévision d'alimenter le village en eau. Des doutes étant émis quant à la pureté de l'eau, il est aménagé avec une pompe manuelle et un bac en pierre pour abreuver le bétail. Après la dernière guerre, un moteur et une cuve sont rajoutés qui servirent jusqu'à l'adduction du village au réseau d'eau.

   Quelques anciens de Drom se souviennent encore des corvées d'eau au puits de Fay et du rationnement en période de sécheresse.

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Le puits, avant sa "restauration"
Avril 1992 : remise en état par l'association "Patrimoine"
Septembre 1949 : les corvées au puits sont aussi l'occasion de se rencontrer pour la jeunesse . . . 

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