Elus, parents d'élèves et enseignant ont été conviés à une réunion d'information avec le député.

  En préambule de cet échange, Xavier Breton précisait les modalités de cette démarche : il ne s’agit pas d’une proposition de loi (émanent d’un parlementaire) mais d’un projet de loi (émis par le gouvernement) qui avait vocation à passer en procédure accélérée. Il dénonce alors un texte bâclé, écrit « d’en haut, où il n’y a aucun contact avec le terrain : il n’y a pas d’objectif fixé, mais des contraintes » et précise que le Sénat a pu améliorer ce processus (« avec les mobilisations sur le terrain », rajoute un participant à cette rencontre).

Un projet incohérent et déconnecté du terrain

  En détaillant chaque grande ligne de ce projet, on constate que beaucoup de points n’ont même pas été prévus, comme l’assiduité et la question des transports pour les enfants de moins de six ans et que chaque changement est dicté par une logique budgétaire, dont la pertinence reste à vérifier. Ainsi, il semble que les rédacteurs de ce texte ignoraient complètement qu’il existait des classes uniques ! « Ca marche très bien : il y a une vraie animation pédagogique qu’il faut conserver » affirme le député qui précise que 200 amendements ont été apportés au texte initial, qu’il traite « d’improvisation. Aucune étude d’impact n’a été réalisée –ce n’est pas la première fois »

  Le maire résumait le problème récurrent « le ministre nous affirme qu’il n’y aura aucune fermeture sans accord du maire, mais si les contraintes sont telles qu’on ne peut pas les tenir, comment fait-on ? » ; en demandant « qu’est ce qui se passe à la rentrée prochaine ? (on ne peut pas accueillir les enfants de trois ans ! ) ». En effet, pour les tout-petits, il existe une convention avec une commune voisine, mais pourra-t-elle se pérenniser, et à quel coût ? Des enseignants présents précise que ce projet n’est pas basé sur le rythme de l’enfant, ce dont convient le député : « sincèrement, il n’y avait pas de problème. Je voterai contre, car ce n’est pas un texte qui correspond aux enjeux éducatifs ; il n’y a pas de cohérence d’ensemble. Il faut tenir bon : c’est ce que vous faites ! ».

 

"Ce projet de loi a été bâclé : il voulait passer en force ! "

"La classe unique, ça marche très bien : il y a une vraie animation pédagogique ; il faut la conserver ! "

 

   Par ailleurs, Charles de La Verpillière, autre député de l'Ain, est intervenu 5 jours plus tard dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale, pour interpeller monsieur le ministre sur les difficultés que l’abaissement à 3 ans de la scolarisation obligatoire pourrait créer dans les écoles à classe unique :

La réponse de Monsieur le Ministre est rassurante . . . reste à avoir confiance dans cette déclaration et à sa mise en oeuvre en milieu rural !