Roger est allé rejoindre son compagnon d’armes

  Le doyen (masculin) de Drom est parti comme il a vécu : en toute discrétion. Dernier d’une grande fratrie de Drom, Roger Jacquemet est appelé, en 1943, pour partir en Allemagne dans le cadre du « S.T.O. » (Service du Travail Obligatoire) après une période aux chantiers de jeunesse ; il a alors 21 ans. Mais il préfère prendre le maquis, refusant de se soumettre à cette obligation. Le 19 août 1944, au poste du fusil mitrailleur, il fait partie du groupe de résistants qui attaquent la gare de St Etienne du Bois. Lors de cette opération, juste derrière lui, un autre gars de Drom, Jean Billon, tombe sous les balles ennemies.

Un combattant qui veut rester dans l’ombre

  La paix revenue, Roger n’a jamais voulu entamer de démarches pour la reconnaissance de son engagement, probablement marqué par l’événement (« lui, il est mort ... et moi, je suis toujours là ») ; il n’a donc pas eu la reconnaissance officielle de « Combattant Volontaire de la Résistance ».

  Un grave accident de moto lui laissera quelques séquelles et il arrête d’animer les bals dans les villages environnants, avec son accordéon. Travaillant dans la métallerie, d’abord à Bourg, il suit son épouse Denise, institutrice, pour vivre quelques décennies à Lyon. Mais il construit une maison dans son village natal, d’abord pour les vacances, puis pour la retraite où il peut pleinement s’adonner au jardinage. Une seule fois papa, mais deux fois grand-père et quatre fois arrière-grand-père, Roger était veuf depuis huit ans ; il venait juste d’avoir 96 ans ; c’était le dernier maquisard vivant à Drom.