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22 avril 2018, 12 h 12 min
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Tag Archives: Paul Bonnet

Les années en 8 : il y a 30 ans

 

Une nouvelle année en « 8 » va commencer ; jetons un coup d’œil dans les archives : que s’est-il passé en 1988 ?

  En janvier, classe de neige pour les écoliers . . . mais la neige n’est pas au rendez-vous, alors ils partent à la découverte de la montagne ! En février, 36 Dromnières se retrouvent pour fêter Sainte Agathe (le correspondant local de presse ne se risque pas à s’introduire dans ce gynécée : il confie l’appareil photo à son épouse). Lors de l’assemblée générale des pompiers, en mars, on note, entre autres, la participation à deux enterrements (l’amicale se chargeait alors du creusement de la fosse et du service pour la cérémonie). En avril, le village est traversé par les 75 concurrents du 56ème rallye motocycliste de l’Ain, qui effectuent, là, quatre épreuves spéciales chronométrées (meilleur temps : 2mn12’1’’ du village à la chapelle) ; ce même mois disparait une figure du village : Marcel Grandpierre, le maréchal ferrant. En mai, opérationnelle après plusieurs mois de travaux d’agrandissement, la salle des fêtes ne désemplit plus : élections, assemblée générale de la fromagerie, projection diapos du comité de fleurissement, repas du sou des écoles. La décharge municipale est dotée d’un portail et Paul Bonnet et Claude Tarare reviennent champions du parcours sportif des sapeurs-pompiers, en catégorie super vétérans. En juin, ce sont 40 cyclistes de cinq caisses régionales du crédit agricole qui s’affrontent sur une petite boucle dans la vallée.

Travaux, sorties et animations

   En juillet, le chœur de l’église est débarrassé de ses boiseries du début du siècle, suite aux conseils de la commission d’art sacré : derrière les lames de sapin réapparaissent les ouvrages en pierre. Le comité de fleurissement emmène 40 Dromniers de 2 à 91 ans pour une sortie en bateau sur le Rhône. En août, un reportage présente la fabrication du Comté par Charles Dérudet qui travaille encore à la toile. 90 personnes participent au repas d’été du comité de fleurissement. En septembre, à cause des élections, la fête patronale est avancée d’une semaine ; elle est dotée d’un logo réalisé par des lycéens et on peut y admirer des sculpteurs à la tronçonneuses. En octobre est organisée une soirée rétrospective sur la fête, avec remise de lots aux équipes ayant confectionné un char. En novembre, on réalise un mur de soutènement pour le terrain à l’arrière de la salle des fêtes ; le caporal Paul Bonnet effectue sa dernière manoeuvre de sapeur-pompier volontaire après 34 années de service. En décembre, 40 personnes investissent la salle des fêtes : les conseillers municipaux, leurs conjoints et les employés de la commune se sont joints au repas des anciens pour la dernière année du mandat.

Retour en (quelques) images

Les écoliers partent à la montagne.

Les Dromnières fêtent Sainte Agathe

A la fromagerie, Charles Dérudet pratique encore la "pêche" à la toile . . .

. . . pendant que Rosette s'occupe de la vente.

Du monde pour organiser le repas du Comité de Fleurissement !

Un logo pour la fête de Drom.

De l'animation et du monde pour la Saint Thyrse !

Concours de sculpture à la tronçonneuse : un Schtroumpf.

Aménagé derrière l'église, le jeu de quilles attire du monde.

Premiers aménagements derrière la salle des fêtes : terrassement et soutènement.

 

Pompiers : la dernière manoeuvre de Paul Bonnet

Le repas de la commune pour les anciens . . .

. . . et celui des pompiers pour la Sainte Barbe,

toujours avec Fernand à l'accordéon !

 .

Paul Bonnet, une figure locale qui nous quitte

Le collectionneur de vieux tracteurs

   Paul Bonnet est né à Drom, début juillet 1932, cadet de trois enfants d’une famille de cultivateurs. Le jour de son baptême, un jet de dragée brise malencontreusement la vitrine de l’épicerie. Alors le maréchal, mari de l’épicière, réclame malicieusement réparation à son père : « ton garçon devra épouser ma fille », laquelle naîtra l’année suivante. Et Paul épouse Monique, 10 ans plus tard : les deux enfants jouent le rôle des mariés dans une pièce de théâtre, à l’école ; puis il la ré-épouse encore 15 ans plus tard, « pour de vrai », cette fois. Et ça a duré 60 ans !

   Entretemps, Paul a fait son service militaire, à Ambérieu, puis il est revenu à la vie civile : il continue l’exploitation agricole familiale. En hiver, il est aussi chauffeur à la carrière.

   Monique lui donne un fils, Christian. Et le couple est aussi famille d’accueil pour Dédé, qui passera là toute son enfance de 7 à 18 ans, et considèrera toujours Monique et Paul comme « ses parents de Drom ».

   Comme beaucoup, dans son village natal, Paul est volontaire dans le corps de sapeurs-pompiers : il pousse son engagement jusqu’au maximum de la limite possible, et donne 33 années au service de la population, mais aussi dans une amicale dynamique pour l’animation du village. Il est de la génération qui relance la fête de Drom avec la fabrication des tartes. Pendant une vingtaine d’années, elles se font dans son propre four où il en enfourne (et défourne ! ) pas loin de 10 000. D’ailleurs, le four sert souvent : entre la famille et les amis, tout est prétexte à une fournée de tartes ! Le sens de la fête est aussi présent en face, dans la « cave à Paul » ! Perpétuant la tradition de la vigne et des vendanges, il aime à faire goûter sa production . . . mais attention à ses verres  . . . sans pied !

   Pas une fête ne se termine, non plus, sans qu’il sorte sa bouteille de gnôle emmaillotée dans un tricot . . . trop fier de faire découvrir ensuite le reptile qu’elle cache.

   Il s’engage aussi dans la vie municipale : il assure trois mandats de conseiller municipal, et trois en tant qu’adjoint au maire, soit 36 années dans la gestion communale, autant sur le terrain qu’autour de la table de réunion, pour la forêt, pour le réseau d’eau, et même pour la promotion et l’animation du Revermont : il reste longtemps le référent local de l’Association Touristique du Revermont. Et quand, en hiver, les ouvriers du service des eaux œuvrent à la réparation d’une fuite, il ne manque pas de leur apporter le vin chaud au fond de leur tranchée.

Cavet . . . et voyageur

   L’année du cinquantenaire de la bataille de Verdun, il rachète une estafette de la Gendarmerie. Si elle est utile à l’exploitation, elle sert aussi tous les ans à une escapade entre copains : en commençant par Verdun. Pas un coin de France n’a échappé à de mémorables ballades, qui ont donné à nombre d’anciens du village l’occasion de voyager. Plus tard, la parité fera son œuvre, et les dames seront aussi du voyage !

   A une époque où les services funéraires de Drom était assurés par l’amicale des sapeurs-pompiers, c’est l’estafette qui servait de corbillard : Paul a ainsi accompagné plus d’une cinquantaine de Dromniers à leur dernière demeure ! Au début de la sonorisation de la fête de Drom, on la retrouve encore à assurer la technique. C’est comme ça : Paul est de ceux qui participent à la vie associative ; à la vie mutualiste aussi : sociétaire de la coopérative de fromagerie, de la SICA, administrateur de la caisse locale de crédit agricole, qu’il préside même quelques années.

   Les années sont passées, il est devenu grand-père, un grand-père fiers de Lucie et de Rémi ; puis l’heure de la retraite a sonné. Au moment où il arrête le métier de paysan, il s’achète . . . un tracteur ! Puis un autre, et encore un autre. Plutôt que de collectionner les timbres-poste, il collectionne les tracteurs ! Une grosse vingtaine occupe l’écurie et tous les locaux disponibles, dont sa série de Vierzon ! Avec son frère René, les vieux engins sont remis à neuf, et il ne manque pas une occasion d’en sortir un, ou plusieurs.

   Puis viennent des années difficiles, où sa santé lui laisse peu de répit. Ca ne l’empêche pas de participer aux rencontres hebdomadaires du club, toujours prêt à passer un bon moment entre amis.

   A l’aube de ses 85 ans, il commence l’année en réunissant sa famille : il tient à fêter ses noces de diamant avec Monique. Il résume leurs six décennies de complicité en quelques mots : « des parties de plaisir, beaucoup de travail et des bonnes engueulades ». Dans les mois qui suivent, il devient deux fois arrière-grand-père.

   Puis, juste après une dernière sainte Barbe, il termine l’année en nous quittant. Bien sûr, il avait aussi ses défauts, ses traits de caractère, ses manies et certaines façons de faire qui pouvaient gêner, voire déplaire . . . mais il les a emportés avec lui et il restera le souvenir d’un type jovial, serviable, bon vivant, attaché à son territoire, mais curieux de toujours découvrir d’autres horizons, d’autres personnes, d’autres amis.

  Beaucoup garderont en mémoire l’image du collectionneur de tracteurs, en salopette bleue dans son estafette bleue.

Un inconditionnel de la vigne.

1997 : la collection commence à s'étoffer !

Novembre 1988 : la dernière manoeuvre de pompier.

(Merci à Martine BONNET pour la photo du vigneron)

Du diamant pour « Gros Malin »

Monique & Paul Bonnet 01

Noces de diamant (60 ans) . . . ou d'albâtre ? (75 ans)

   Le destin de Monique et Paul semble avoir été tracé depuis leur plus jeune âge. En effet, en 1932, lors du baptême de Paul Bonnet, dernier des trois enfants d’une ancienne famille de Drom, un jet de dragée casse malencontreusement une vitre de l’épicerie, tenue par Madame Grandpierre, d’une autre vieille famille du village. Alors son mari, le maréchal, réclame malicieusement réparation en annonçant : « ton garçon devra épouser ma fille ! » . . .  laquelle ne devait naitre que l’année suivante.

   Dix ans plus tard, réunis sur les bancs de l’école de Drom, Monique et Paul endossent les costumes des mariés dans une pièce de théâtre : « Gros Malin se marie ».

   Finalement, devenus adultes, ils se marient « pour de vrai » le 05 janvier 1957 ! Alors, 60 ans plus tard, ils se devaient de fêter ces noces de diamant, entourés de leurs enfants. Si le couple n’a eu qu’un fils, Christian, il a aussi élevé André, légèrement plus âgé, qui les considère comme ses parents et son frère. Leur vie s’est déroulée à Drom, entre la ferme familiale et la vie du village : Paul a été pompier volontaire, adjoint au maire et a assuré d’autres fonctions associatives, comme Monique, à l’origine du comité de fleurissement. La famille s’est agrandie avec deux petits-enfants, Rémi, après Lucie, dont le ventre bien arrondi annonce l’arrivée imminente de la génération suivante.

   Paul résume alors ces six décennies en quelques mots : « des parties de plaisir, beaucoup de travail et des bonnes engueulades ! » alors que Monique ne dit rien, mais sourit et n’en pense pas moins.

 

Monique & Paul Bonnet 06

A droite, l'épicerie de Mme Grandpierre, la femme du Maréchal . . .

Monique & Paul Bonnet 03

En 1942, "Gros Malin se marie" à l'école de Drom

Monique & Paul Bonnet 04

La noce fait la farandole . . .

Monique & Paul Bonnet 05

. . . et les "mariés" ouvrent le bal.

Monique & Paul Bonnet 02

15 ans plus 6 décennies de complicité plus tard : une belle famille !

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Au fil des jours . . .