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22 mai 2018, 2 h 43 min
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Tag Archives: Drom

Médaille d’or pour le Comté de Drom !

Le président et "ses" fromagers

 

  Les jeux olympiques sont terminés, mais il est encore des médailles qui arrivent dans les campagnes françaises. En Revermont, depuis lundi, des messages enthousiastes s’échangent entre Paris, Poligny et Drom. Une décennie après avoir fait la une, en ressuscitant le Clon, fleuron de la Bresse du moyen âge, la plus petite coopérative à Comté de l’Ain vient maintenant de décrocher une médaille d’or au Concours Général Agricole, lors du Salon International de l’Agriculture, à Paris ! Effectivement, dans sa catégorie, le Comté de Drom apparait le premier dans la liste officielle des résultats. Mais Aurélien Perret, le fromager de Drom, tempère : il ne s’agit pas d’un classement, mais de l’atteinte d’un niveau. Et il tient à préciser « c’est le travail de chacun qui est mis en valeur : producteur, fromager et affineur ». En effet, créée en 1881, la coopérative regroupe cinq exploitations, emploie deux salariés à plein temps et confie les meules produites à Monts & Terroirs, affineur à Poligny, par l’intermédiaire d’une union de 17 coopératives, Jura Monts Comté.

   Ne cachant ni son émotion, ni sa satisfaction, Eric Bonnet, président de la coopérative de Drom, renchérit : « c’est la juste récompense du travail effectué par les trois acteurs de la filière ».  En effet, dans cette toute petite structure, le moindre défaut repéré dans la qualité du lait est rectifié immédiatement ; de plus, avec seulement six années dans la profession, Aurélien prouve sa maîtrise du métier où il est le seul à suivre la fabrication de A à Z, sans l’intervention de robot ; l’affineur peut alors exercer son art sur un produit de qualité. D’ailleurs, Alain Canard, directeur de Monts & Terroirs, affiche un palmarès de 7 médailles sur les 14 décernées cette année (dont 6 pour l’union Jura Monts Comté, dirigée par Catherine Gobet).

   Pour ce concours, l’affineur, avec le fromager et un représentant des producteurs, ont choisi de présenter une meule de 18 mois, à laquelle les jurés ont trouvé « un bel aspect et un goût animal ». De quoi ravir Christine Ménétrieux, animatrice de la Fédération des Coopératives Laitières de l’Ain, qui ne ménage ni son temps, ni son énergie, pour promouvoir le département et ses saveurs.

"Producteur, fromager et affineur" : oui, meuuuuh . . .

. . . meuh heureusement qu'ils ont les Montbéliardes,

avant les "trois acteurs de la filière" !

 

Des bons moments de convivialité

Un président satisfait, entre Michèle aux fourneaux, et Anne Marie au service

    C’est la saison des repas de chasse ! Après « les Mousquetaires du Fusil », c’était au tour de « l’Orée du Bois » d’inviter chasseurs, propriétaires et amis : environ 70 convives se sont régalés de chevreuil et de sanglier, même si Roger Corretel, le président, s’amuse du résultat de la saison : « on en a plus manqué qu’on en a eu ! ».

Premiers préparatifs pour les « rencontres d’octobre »

Les Cavets s’apprêtent à recevoir les Parisiens !

  Créé il y a plus de 80 ans, le Spéléo Club de Paris organise chaque année ses « Rencontres d’octobre », une des principales manifestations régulières de spéléologie scientifique en France. Parcourant le territoire national, elles sont devenues le rendez-vous traditionnel et incontournable des spéléologues explorateurs et des spécialistes du karst. Pour ce faire, des liens sont alors tissés avec les organisations locales.

Retour dans l'Ain

  Après Corveissiat en 2005, le spéléo club revient dans l’Ain puisque la 28ème édition se déroulera ainsi du 12 au 14 octobre 2018 dans la vallée de Drom avec le soutien du CDS 01 (Club de Spéléologie de l’Ain) et en partenariat avec le département de l’Ain et l’AGEK (Association de Gestion des Espaces Karstiques). Pendant trois demi-journées, les travaux scientifiques enchaineront échanges et interventions, suivies d’une visite sur le terrain (mais aussi sous le terrain ! ) ; une soirée sera aussi ouverte au grand public.

Une organisation sur les deux villages

  L’ensemble se déroulera sur les deux communes de Drom et Ramasse, l’AGEK se chargeant d’une partie de la logistique locale, et de la présentation de ce site karstique qui fera l’objet d’une conférence spécifique et détaillée !

  L’organisation de ces journées a donc commencé à s’esquisser du côté Revermont, avec une rencontre en duplex, par vidéoconférence, sous la direction de Philippe Vermeil, président de l’AGEK. Si le programme des interventions n’est pas de leur ressort, les Cavets souhaitent quand même partager leurs spécificités et leur sens de l’accueil.

Incontournable : la visite du tunnel !

 

L’esquisse du programme

  Le soirée grand public devrait se dérouler le vendredi soir à Drom, avec une présentation du poljé de Drom sous plusieurs angles (géologie, histoire, karst, etc. ) les rencontres et échanges des spécialistes étant plutôt prévus sur Ramasse les samedi et dimanche.

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Simone Carrier, doyenne de Drom, s’est éteinte

   Il y a presque 98 ans, en mars 1920, Simone voyait le jour à Drom, au fond de l’Impasse sur la Fontaine, dans une des plus anciennes familles de la vallée, les Corretel. Avec son frère, sa jeunesse se passe comme dans toutes les familles de paysans : l’école du village, mais surtout la participation aux tâches de la ferme, sans oublier les corvées d’eau, dans cette vallée si particulière.

   A 21 ans, elle épouse Marcel Carrier, lui aussi d’une famille de cultivateurs de Drom. Le couple exploitera la ferme de l’Enclos, en participant à la vie du village. Pendant les années sombres de l’occupation, on tue parfois une bête et on fabrique du pain pour approvisionner discrètement le maquis. C’est risqué, mais aucune dénonciation n’est à déplorer. Il y a quand même une fois des sueurs froides, lors d’un des bals organisés dans cette ferme à l’écart : on annonce la proximité de soldats ennemis, et il faut déguerpir !

   Quelques jeunes du village font partie du maquis : quand leurs expéditions les ramènent à Drom, ils dorment dans la grange et Simone leur apporte le café au lait le matin !

   On fait aussi du théâtre à Drom : la voiture de Marcel est alors souvent utilisée pour transporter la troupe, quand elle va se produire à l’extérieur.

   Le foyer accueille un fils, puis deux, trois, quatre, et encore un cinquième ; que des garçons ! Mais Simone n’est pas épargnée par les malheurs : des accidents lui ravissent une petite-fille, puis son mari. La maladie emporte encore son fils ainé, tout juste retraité.

   Simone surmonte les épreuves ; elle est devenue dix fois grand-mère, quatorze fois arrière-grand-mère, et même arrière-arrière-grand-mère. A l’ère de la dispersion des familles, elle a encore la chance d’avoir neuf de ses descendants (et leurs conjoints) établis tout près, dans son village. Et les autres ne sont pas trop loin.

   Elle ne manque alors pas une rencontre, une fête, une partie de cartes ; sinon, elle s’occupe au tricot ou à la broderie. On la voit aussi œuvrer un temps au bureau du Club de l’Age d’Or. Sa mémoire et sa connaissance du village en font aussi une sympathique source de renseignements pour connaître l’Histoire du village : elle se laisse volontiers « interroger » par un certain correspondant local pour fournir d’intéressantes précisions sur des époques révolues. Quant aux repas de famille, ils sont agrémentés de la chanson « Les blés d’or » qu'elle entonne volontiers.

   Elle voit donc évoluer le monde, mais ne se laisse pas distancer et s’intéresse à l’actualité. Pas question de voter par procuration : elle tient à se déplacer elle-même jusqu’aux urnes ! Et elle suit le sport à la télé, un peu le foot, mais pas trop ; par contre, elle est incollable sur le rugby et ne manque pas une étape du Dakar !

   Puis sa santé décline : si la tête fonctionne toujours bien, le corps ne suit plus vraiment. Mais elle peut encore rester chez elle, grâce aux services d’assistance (dont il convient de saluer la qualité), grâce à son dernier fils, présent quotidiennement, ou sa petite-fille, qui veille juste à côté. Grâce, surtout, à son caractère : que ce soit pour des soins ou pour le ménage, tous les intervenants apprécient de venir s’occuper de Simone : elle est si gentille !

   Il lui manquait deux ans pour devenir centenaire, mais le moral n’était plus là. Alors, un jour –ou, plutôt : une nuit- Simone a attendu le matin, elle a attendu que Charles arrive pour décéder chez elle, accompagnée de son plus jeune fils.

   Après Roger Jacquemet, son doyen, il y a quelques semaines, Drom perd aujourd’hui sa doyenne ; l'auteur du Dromoscope perd une de ses sources . . .  

  « Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle ».

Mars 2015 : Simone et ses garçons qui fêtent ses 95 ans (en médaillon, Daniel, décédé 10 ans plus tôt)

Simone tenait à venir voter elle-même ! (présidentielles, 06 mai 2017)

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Roger Jacquemet, le dernier maquisard, est décédé

Roger est allé rejoindre son compagnon d’armes

  Le doyen (masculin) de Drom est parti comme il a vécu : en toute discrétion. Dernier d’une grande fratrie de Drom, Roger Jacquemet est appelé, en 1943, pour partir en Allemagne dans le cadre du « S.T.O. » (Service du Travail Obligatoire) après une période aux chantiers de jeunesse ; il a alors 21 ans. Mais il préfère prendre le maquis, refusant de se soumettre à cette obligation. Le 19 août 1944, au poste du fusil mitrailleur, il fait partie du groupe de résistants qui attaquent la gare de St Etienne du Bois. Lors de cette opération, juste derrière lui, un autre gars de Drom, Jean Billon, tombe sous les balles ennemies.

Un combattant qui veut rester dans l’ombre

  La paix revenue, Roger n’a jamais voulu entamer de démarches pour la reconnaissance de son engagement, probablement marqué par l’événement (« lui, il est mort ... et moi, je suis toujours là ») ; il n’a donc pas eu la reconnaissance officielle de « Combattant Volontaire de la Résistance ».

  Un grave accident de moto lui laissera quelques séquelles et il arrête d’animer les bals dans les villages environnants, avec son accordéon. Travaillant dans la métallerie, d’abord à Bourg, il suit son épouse Denise, institutrice, pour vivre quelques décennies à Lyon. Mais il construit une maison dans son village natal, d’abord pour les vacances, puis pour la retraite où il peut pleinement s’adonner au jardinage. Une seule fois papa, mais deux fois grand-père et quatre fois arrière-grand-père, Roger était veuf depuis huit ans ; il venait juste d’avoir 96 ans ; c’était le dernier maquisard vivant à Drom.

 

Au fil des jours . . .